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Rappelons qu’en 1904, les Frères furent chassés de France suite aux lois anticongréganistes. En ce début de Grande guerre, les Frères n’étaient toujours pas reconnus par l’État mais ils furent mobilisés comme tous les autres citoyens français.
Pendant le temps de paix, le bâtiment des Frères n’avait pas été prévu comme hôpital. En août 1914, le Directeur de la Maison des Frères de Caluire (Emile Tabardel/Frère Pambon) offrait à la Société de secours aux blessés une partie de leur immeuble, situé dans la banlieue de Lyon, à Caluire. Les Frères mirent à la disposition de la Croix Rouge une grande partie de leurs bâtiments, 180 lits, une quantité d’objets mobiliers et les services d’un certain nombre d’entre eux. L’hôpital, créé pour 125 lits, fut porté à 165 puis à 350.
On estime à 22.000 francs environ la dépense évitée par les fournitures gratuites des Frères. Néanmoins, il a fallu faire des travaux assez importants à raison de l’étendue des locaux, notamment pour les bains, les W-C, la salle de pansements et la transformation de diverses salles.
Le personnel a varié dans sa composition. Il y avait environ 25 infirmiers militaires parmi lesquels, certains Frères avaient fourni leurs services d’abord comme bénévoles et furent ensuite mobilisés sur place. Un ouvroir de dames bénévoles, qui se tenait dans un local extérieur, assurait le service de lingerie et de racommodage. Les Frères se chargeaient à forfait de la nourriture des malades, employant leur économe et leur cuisinier, auquel des aides militaires étaient fournis. Les autres dépenses étaient engagés et réglées directement par les administrateurs.
Suivant les époques, il y a eu à Caluire, d’abord des malades ou blessés en voie de convalescence évacués dans divers hôpitaux de Lyon, des sourds, des malades de l’estomac, des malades de la mâchoire, des hommes atteints par le gaz. Mais ce qui a particulièrement attiré l’attention sur l’Hôpital n° 19, c’est l’installation qui y fut faite d’un service d’aveugles. On ne se contenta pas de les soigner. Il se créa une section spéciale de l’Association Valentin Haüy qui établit une école de divers métiers : chaussures, cannage et empaillage, confection de panier, dactylographie…
L’hôpital de Caluire fut fermé après les autres à la fin de juillet 1919.
Extrait du Rapport de la commission exécutive du comité de Lyon de la Société de Secours aux blessés militaires, 1920, 264 p.
L’illustration ci-contre est un plan du rez-de-chaussée de l’hôpital. Il provient du carnet d’inscriptions faites pour l’ambulance (Etablissement de Caluire, boîte n° 2)
D’autres sources sont disponibles sur l’Hôpital n°19 : notes, correspondance, cartes postales.