Les "noms religieux" des Frères

Juillet-août 2013

L'adoption d'un "nom de Communauté"

Les 12 Frères qui font les premiers vœux perpétuels en 1694 signent leur formule avec nom de famille et prénom de baptême seulement.  Cependant, dès 1695, on trouve constamment, après la signature de la formule des vœux, un prénom, souvent différent : "Pierre Raimbault, nommé Frère Paul".

Les tout premiers Frères ont été connus par leur prénom ; ainsi Jean Jacot est appelé Frère Jean, mais Jean Partois est devenu Frère Antoine : il fallait éviter des confusions. Bientôt, on aura besoin de noms composés : d'usage, comme Jean-François  en 1691 ou Jean-de-Dieu en 1724, ou probablement construits, comme Gabriel-Marie ou Thomas-de-Jésus. Mais ces noms composés sont rares, soit 4 % des noms jusqu'à la Bulle d'approbation (1725).

Pourquoi s'appeler simplement par un prénom ?
Il ne convient pas de faire état de sa famille ; il y a aussi des Frères qui sont entrés dans la Communauté contre la volonté de leurs parents : Nicolas Bourlette  et Claude-François du Lac de Montisambert (Frère Irénée 1691-1747) sont les plus connus aux origines de l'Institut. D'où la règle de ne pas dire où sont les Frères.

Au niveau symbolique, le changement de nom marque un changement d'état, comme c'est encore le cas de celui qui devient Pape, ou qui entre dans un Ordre ou une Communauté.

Un nom qui signale le noviciat ou le District

C'est vers 1823 que les noms donnés aux novices commencent à être choisis selon un code indiquant le lieu où ils font leur formation. Cette pratique s'est généralisée au XIXe siècle.

Les noms simples continuent, parfois aux limites du bon sens : Frère Conteste (Nantes 1841), Frère Céréalien (Nantes 1868), Frère Agricole (Le Puy-en-Velay 1869) ; mais aussi un Frère Catholique (Nantes 1856) et un beau Frère Disciple-de-Jésus (Nantes 1846). Comme les Frères deviennent nombreux, l'habitude se généralisera de donner un nom double, l'initiale du premier étant caractéristique du noviciat en question, comme on le voit déjà pour Nantes.

Au noviciat de Clermont-Ferrand, le Frère Gatien commence en 1823 la série des Frères dont le nom commence par G et H. Mais déjà, en 1819, le noviciat de Namur utilisait la lettre M. Comme Montréal fournit des sujets au Canada et aux États-Unis, et utilise aussi la lettre M, les Supérieurs y imposent des noms de consonance anglaise, au grand dam des Québécois francophones...

Signature du Frère Bénilde

Signature du

Frère Bénilde.

Son prénom de baptême est  : Pierre

Son nom civil est
Romançon.

 

Vu le grand nombre de Frères, de grands Districts français sont fragmentés, ce qui oblige à préciser l'emploi des lettres :

A et B pour Paris (mais Ar-At pour Reims, Au-Av pour Téloché Le Rancher) ;
C et D pour Nantes et Quimper ; E et F pour Saint-Omer et Cambrai ;
I et J pour Rodez ; L pour Toulouse ; N pour Le Puy-en-Velay ; O et P pour Lyon ; R et Q reviennent à Besançon ; S et T à Marseille ; U et V à Chambéry ; X à Rodez…

Il y aura bien quelques exceptions, mais le système fonctionne jusqu'en 1956.
À partir de cette date, c'est le second nom qui indique le District – ce qui ne durera que 10 ans.

La fin des "noms religieux"

On s'est parfois amusé de certains noms.

Le Frère "Casimir-Abel" était surnommé par ses élèves "Presque-Prune". Le Frère "Ange-Judore" était plutôt connu comme "Judore-Ange". Citons encore Aubin-Marie et Allais-Thomas…

La liste est close désormais : depuis le Chapitre général de 1966, on conserve dans l'Institut son nom civil, seul connu par les diverses administrations.

Cependant, certains Frères ont conservé le prénom religieux sous lequel ils avaient été longtemps connus, comme les Frères Patrice Marey (dont le prénom de baptême était Maurice) ou Vincent Ayel (Aimé).

Frère Alain Houry


liste de noms

Dans cette partie d'une page d'un registre écrit par le Frère Orbanis, à Lyon, nous trouvons des listes de Frères, mentionnés par le seul nom religieux.

Ici les Supérieurs généraux et les Frères Assistants dont la responsabilté englobait le District de Lyon.

 

En plus des noms, nous admirons aussi la calligraphie...

 

liste de noms

 

 

Dans cette liste de Frères "Inspecteurs" d'écoles, nous remarquons que les noms commencent
par O et P : ces deux lettres indiquent que les Frères ont effectué leur formation dans le Distrit de Lyon. 

La lettre N signifie que les Frères viennent du District du Puy-en-Velay et la lettre R du district de Besançon.

 

Il était assez ordinaire que des Frères soient appelés à exercer des responsabilités dans d'autres régions.


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