L'album-souvenir du Frère Sodoyer

Février 2015

Infirmier-major de septembre 1914 à novembre 1917

À l’occasion du centenaire de la Première Guerre mondiale,
voici la présentation d’un document provenant des archives personnelles d’un Frère
ayant servi comme infirmier-major dans deux hôpitaux militaires.

Présentation de l’album

Le document conservé aux Archives lasalliennes, dans le fonds du district de Lille,
cote 04 GM 11 est un album souvenir intitulé :

Photographies, vues et documents
se rapportant à deux formations sanitaires :
Hôpital Ab 27 de Saint-Junien (Haute-Vienne)
et Hôpital temporaire n°104 – sanatorium d’Angicourt (Oise),
recueillis de 1914 Sept. à 1917 Novembre
pendant sa mobilisation dans les services sanitaires
par l’adjudant A. Sodoyer.

frise de page

 

Cet album contient 222 pages cartonnées « où d’ingénieux artistes encadrent de guirlandes fleuries et d’exquises miniatures, les comptes-rendus de cérémonies religieuses et patriotiques, les statistiques de toute nature, les graphiques, les fantaisies en vers et en prose.1 »

Ce document n’est pas simplement une œuvre artistique, c’est aussi et surtout une pièce d’archives exceptionnelle par son contenu.

Ce recueil, composé de photos, cartes postales, listes de noms (le personnel, les mobilisés, les morts) et d’écrits, retrace la vie de ces deux hôpitaux durant une période assez longue..

Chaque photo est légendée (dates, lieux, noms) permettant d’identifier les événements rythmant ces formations sanitaires. Sont aussi indiqués le nombre des entrées et le programme des activités de la journée.

La mine de renseignements fournie par cet ouvrage en fait un document unique et précieux.

Il doit son existence au passage d’un homme dans ces deux établissements hospitaliers :

Louis Auguste Sodoyer
dit Frère Auguste
.

Frère Sodoyer

Louis Auguste Sodoyer  ou
"Frère Frion-Auguste"

Louis Auguste Sodoyer naît le 1er février 1872 à La Fère (Aisne) et meurt le 7 avril 1961 à Saint-Omer.

Voici le récit de son parcours au sein de l’armée.

Lors de son service militaire (1893-1896), il est « affecté aux services sanitaires à Lille. Il y suit des cours et devient caporal infirmier puis sergent. Muté à Maubeuge, il devient « infirmier-major » et régente une « division de malades » ; il y joue en fait le rôle d’officier d’administration. Cette période militaire préfigure ce qui l’attend de 1914 à 1918. »

« En 1914, Frère Auguste a 42 ans et professe au pensionnat d’Estaimpuis.

Dès la déclaration de guerre, il se dévoue, à la tête de 25 Frères, dans une formation, sanitaire improvisée par les catholiques de Roubaix. Au début de septembre, il est mobilisé. Il rejoint, près de Limoges, sa section d’Infirmiers militaires ; il y fera fonction d’officier gestionnaire, commandant 15 infirmiers, régissant une propriété de 36 hectares.

Par sa ponctualité et son dévouement, son esprit d’initiative, son autorité bienveillante sur les malades, il s’attire la confiance absolue de tous. Les médecins seront heureux d’en rendre témoignage lorsqu’en 1916 il quittera le Limousin pour être affecté, avec des fonctions similaires, à l’Hôpital temporaire 104 d’Angicourt, dans le Beauvaisis.

 

 

 

1  Les citations de cet article proviennent toutes de la notice nécrologique du Frère Frion-Auguste (Louis Auguste Sodoyer). Institut des Frères des Écoles chrétiennes, Notices nécrologiques trimestrielles, n° 277, avril, mai, juin, 1961, Rome, Maison Saint Jean-Baptiste de La Salle, p. 43-69.

Souvenir d'amis

De multiples tâches lui incombent : maintien de l’ordre, police des infirmiers et des malades, rondes de jour et de nuit, établissement du rapport quotidien, bilans financiers, statistiques méticuleuses… Le responsable fait face à tout avec un entrain et un savoir-faire admirables.

La satisfaction des chefs s’exprimera par l’octroi d’une médaille de bronze et d’un diplôme élogieux. Infirmiers et malades traduiront leurs sentiments pas la confection d’un album de 250 pages […]. Ce souvenir est offert à l’ « Officier surveillant » Sodoyer, au cours du repas d’adieu fin novembre 1917.

Frère Auguste conservera précieusement cet album : avant de le léguer à nos Archives, il aimera le feuilleter, le prêter aux jeunes, leur raconter par le menu cette période pour lui inoubliable. […]

Démobilisé en 1917, le Frère Auguste ne peut revenir en son district : la guerre n’est pas finie ; le Nord de la France et la Belgique sont encore occupés par l’armée allemande […] Voici notre confrère à Mende, chargé de classe […]
En juillet 1919, les canons se sont tus depuis huit mois, le Frère Auguste rejoint son district. »

Souvenir de guerre

Les formations sanitaires

Les deux établissements hospitaliers dont il est question dans cet album sont :

  1. L’hôpital Ab 27 de Saint-Junien en Haute-Vienne, premier lieu d’affectation pour le Frère Sodoyer du 28 septembre 1914 au 10 janvier 1916 et,
  2. L’hôpital temporaire n° 104 d’Angicourt dans l’Oise, où le Frère Auguste pris ses fonctions de janvier 1916 à novembre 1917.

L’hôpital de Saint-Junien ouvre à partir du 25 août 1914. Il se situait dans les locaux de l’école supérieure réquisitionnés en partie pour accueillir les blessés ou malades militaires. La formation sanitaire comptait en tout 175 lits et les premiers blessés arrivaient dès le mois de septembre 1914.

L’hôpital temporaire 104 occupait les locaux du Sanatorium Villemin, établissement appartenant à l’Assistance publique de la ville de Paris et mis, pendant la durée de la guerre, à la disposition du service de santé militaire. Cet hôpital était utilisé pour soigner les militaires tuberculeux et avait une capacité d’accueil de 300 lits.

Magali Devif

 

 

puce  Voici une trentaine de pages de cet album, à feuilleter : L'album souvenir

 

 

 

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