Les établissements et maisons de retraite des Frères au Puy-en-Velay

Mai 2016

Le Pensionnat Notre-Dame de France

Origine du Pensionnat

Au Puy-en-Velay, les Frères étaient présents depuis 1741 et avaient la charge de classes. En 1850 le directeur de la communauté, le Frère Paulinus, suggère au Frère Supérieur de contribuer à l’érection de la statue Notre-Dame sur le rocher Corneille (17 mètres, surplombant la ville). Pour ce faire, on demande un sou à chacun des 300 000 élèves des Frères de France, afin de financer le piédestal. Cela amène l’évêque du Puy à accepter l’ouverture d’un Noviciat à côté de l’église Saint-Pierre-des-Carmes, et d’un pensionnat payant, sans pour autant négliger le développement des écoles gratuites.
C’est ainsi qu’ouvre le pensionnat en juillet 1854.

Les premiers locaux sont trop exigus et en mauvais état, ce qui pousse les Frères à acquérir un enclos en 1859, dit « Clos des Capucins », qui devient donc l’emplacement définitif du pensionnat.
La propriété comporte quelques bâtiments et hangars, mais la plus grande partie des locaux scolaires sont à construire. Les classes peuvent s’installer à partir d’août 1861.

Un laboratoire de chimie

De grands Directeurs

Peu après l’installation, le directeur, Frère Hugolin, crée des classes de second cours, classes spéciales destinées aux élèves de la campagne, où l’on complète l’enseignement par des notions d’agriculture, de dessin linéaire et de musique vocale.

La notoriété de l’établissement se développe quand le Frère Gabriel-Marie, mathématicien renommé, futur Supérieur général, devient directeur du pensionnat de 1873 à 1882. Il élargit les programmes d’études, permettant de préparer les élèves aux différentes carrières agricoles, industrielles, commerciales et administratives, qui se diversifient en cette fin de siècle.

 

Durant la Grande Guerre, le Pensionnat est transformé en hôpital temporaire dès août 1914, et le restera jusqu’en 1918. En principe tous les locaux sont réquisitionnés, mais des arrangements et échanges permettent le fonctionnement de six classes. Plus de vingt professeurs sont mobilisés, et des retraités ou anciens élèves offrent leur concours bénévole pour les remplacer.

À l’été 1940, les locaux sont à nouveau réquisitionnés. Durant l’Occupation, le pensionnat poursuit une activité normale, même si les Frères directeurs Charles, puis Adrien, cachent des Juifs, dont trois professeurs qui viennent de lycées publics, et plusieurs familles.

Le temps des difficultés et de la fermeture

À partir de 1964, quelques filles du pensionnat Saint-Joseph viennent suivre les cours de terminale. La mixité est instaurée dès la 6ème ; les classes primaires sont regroupées à l’école des Sœurs (Saint-Louis). En 1970 : il y a 1 000 élèves et 65 professeurs laïcs. Vers 1990, les Frères quittent progressivement le Pensionnat, le Frère Maurice MARQUE reste seul les dernières années, puis le quitte à son tour.

Le pensionnat poursuit sa modernisation, mais en 2010 il doit fermer, à cause de problèmes financiers et du manque d’élèves. À partir de l’automne 2015, en raison de projets de réaménagements urbains, les bâtiments abandonnés du pensionnat sont démolis.

Les maisons de retraite

La maison de retraite pour Frères âgés du Puy-en-Velay a pour origine le Noviciat, fondé en 1850. Il est transféré en 1854 à la maison des Carmes, dont l’enclos avait été acquis par l’Institut. Le Noviciat comportait une annexe pour les Frères très âgés ou infirmes. En 1904, le Noviciat est fermé, mais la maison des Carmes devient une maison de retraite, et également lieu de résidence pour le Frère Visiteur du District. Elle comporte aussi une librairie scolaire entre 1920 et 1960.

La maison de retraite de Ours-Mons

En 1979, une nouvelle maison de retraite est construite en périphérie de la ville du Puy-en-Velay, avenue Ours-Mons. Trente et un Frères viennent y habiter, dont dix-neuf provenant de la maison des Carmes, les autres venant d’autres communautés. La maison des Carmes est fermée en 1982.

En décembre 2004, la maison d’Ours-Mons est fermée, par décision du Conseil des Frères de la province France.

Le Pensionnat Notre-Dame de France Façade et jardin

Le temps de la sécularisation et des guerres

Au début du XXe siècle, le pensionnat apparaît comme l’un des plus importants établissements de la région, avec plus de 500 élèves. En 1907, à la suite des lois interdisant l’enseignement aux congrégations, le pensionnat est fermé et un liquidateur procède à la vente des locaux et du matériel. Ceux-ci sont rachetés par des amis, ce qui permet aux Frères sécularisés de poursuivre l’activité du pensionnat. Cependant en 1912 ils sont accusés d’infractions aux lois sur les congrégations, mais ils sont finalement acquittés.

Atlier de menuiserie

Le classement et le contenu des fonds

Avant le classement une partie des dossiers concernant les maisons de retraite étaient conservés avec le fonds du pensionnat Notre-Dame.
Les documents ont été séparés, et le classement a donné lieu à deux instruments de recherche distincts, correspondant à deux fonds reconditionnés distincts (référencés sous les cotes

  • 43 E 2 pour les établissements scolaires
  • et 2 H 1 pour les maisons de retraite,

représentant respectivement un volume de 5,5 et 3,7 mètres linéaires).

Le fonds des établissements scolaires comporte en abondance des historiques, des documents clés pour la compréhension de sa fondation et de son évolution, et des archives de la vie scolaire. Le fonds des maisons de retraite est en grande partie composé de documents administratifs (notamment sur le personnel employé), mais également des documents sur la vie communautaire des Frères.

Le fonds du pensionnat contenait également des documents concernant les écoles primaires tenues par les Frères du Puy-en-Velay : écoles Saint-Michel, Saint-Joseph, Saint-Norbert et Sainte-Thérèse du Val-Vert. Ces petits fonds ont été inclus dans le fonds du Pensionnat, l’instrument de recherche final étant d’ailleurs intitulé « Fonds des établissements scolaires du Puy-en-Velay ».

Pour consulter ces fonds, voir la page des instruments de recherche.

Nicolas Jourdan

 

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